TOULOUSE, 13 mai (Reuters) - Quatre parlementaires français
rendront jeudi un rapport controversé sur le glyphosate et le
rôle des agences sanitaires, démontrant selon eux qu'il n'y a
pas de preuve scientifique de cancérogénicité de l'herbicide
vedette de Monsanto.
Ce rapport, remis par l'Office parlementaire d'évaluation
des choix scientifiques et technologiques à la commission des
affaires économiques de l’Assemblée nationale, a nécessité
quinze mois d'enquête et plus de 70 auditions.
Parmi les cosignataires de ce document, le sénateur UDI de
la Haute-Garonne, Pierre Médevielle, défend "un rapport sur les
méthodes d’évaluations des agences et non sur le glyphosate" de
Monsanto, désormais filiale du groupe allemand Bayer BAYGn.DE .
"Ces dernières années, il y a une véritable psychose autour
des effets du glyphosate mais aucune étude scientifique ne
prouve sa cancérogénicité ni en France, ni en Europe, ni dans le
monde", a-t-il déclaré à Reuters, soulignant que "l'OMS classe
la substance comme cancérogène peu probable".
Un rapport jugé "scandaleux" par Dominique Masset,
initiateur de la "Campagne glyphosate dans les urines" en avril
2018. Il pointe le décalage entre les études des agences
sanitaires qui considèrent la substance sans danger et les
études médicales scientifiques, qui montrent sa dangerosité pour
la santé.
"On ne prend pas en compte le danger sanitaire réel puisque
le principe de précaution n'est pas appliqué en France sur le
glyphosate alors qu'il y a une controverse scientifique,
souligne Dominique Masset. Il faut que ces élus nous expliquent
pourquoi les agriculteurs exposés massivement à ces produits
peuvent invoquer une maladie professionnelle."
"RESTAURER LA CONFIANCE"
"Nos travaux ont été approuvés par le CNRS, l'Inra (Institut
national de la recherche agronomique-NDLR) et l'Anses (Agence
nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail-NDLR)", précise le sénateur de
Haute-Garonne. "Nous voulons juste que sur un tel débat de
société, comme celui du glyphosate, la confiance soit restaurée
entre les agences nationales chargées d'évaluer la dangerosité
des substances mises sur le marché et l'opinion."
Pharmacien de formation, il se défend de céder à la pression
des lobbies et rappelle qu'il faisait partie des 40 premiers
signataires contre les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles.
Seul le Centre International de Recherche contre le Cancer
classe la substance comme cancérogène probable.
Fin 2017, les Etats membres de l'Union européenne ont
renouvelé pour cinq ans la licence du glyphosate.
Le gouvernement français a de son côté promis que la
substance serait interdite "dans ses principaux usages" d'ici
2021, et "pour tous les usages" d'ici cinq ans.
Bayer a annoncé dimanche avoir chargé un cabinet juridique
extérieur d'enquêter sur la constitution par Monsanto d'un
fichier de personnalités en France en fonction de leurs
positions sur les pesticides.
Le groupe chimique allemand déclare avoir conscience que
cette initiative a suscité des inquiétudes et des critiques,
même si rien n'indique pour l'instant qu'elle soit illégale.
Selon des informations révélées par France 2 et Le Monde, un
fichier secret de 200 noms de journalistes, politiques,
dirigeants d'organisations professionnelles ou scientifiques a
été constitué en novembre 2016. Il provient d'une fuite du
cabinet de lobbying et de relations publiques Fleishman-Hillard,
"mandaté par Monsanto pour l'assister dans sa défense du
glyphosate".
Des personnalités dont les noms sont cités comme figurant
dans le fichier ont annoncé vendredi leur intention de porter
plainte. Une enquête préliminaire, confiée à la brigade de
répression de la délinquance contre la personne (BRDP), a été
ouverte par le parquet de Paris, à la suite d'une plainte
déposée par Le Monde.
(Julie Rimbert, édité par Yves Clarisse)
Polémique autour d'un rapport sur l'absence de preuve de la nocivité du glyphosate
information fournie par Reuters 13/05/2019 à 12:33
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